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Notre analyse : l’allongement du congé paternité

Début septembre, un rapport rédigé par une commission d’experts présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulniksur les « 1000 premiers jours de l’enfant » a été remis au gouvernement. Il recommandait un allongement du congé paternité à neuf semaines fractionnables, soit un peu plus de deux mois, contre aujourd’hui onze jours consécutifs, non fractionnables.

Première victoire: si ces neuf semaines ne sont pas encore atteintes, mercredi dernier, Emmanuel Macron a annoncé que le congé serait allongé jusqu’à vingt-huit jours. Cette mesure concerne le conjoint salarié ou le deuxième parent et devrait prendre effet en juillet 2021. Le congé actuel est pris presque entièrement en charge par la Sécurité Sociale : seuls trois jours sont à la charge de l’employeur, ce qui restera inchangé pour ce dernier lors de l’allongement.

Instauré en 2002, il y a juste un peu moins de 20 ans, le recours au congé paternité n’a presque pas évolué: un peu moins de sept père sur dix y ont recours, avec une plus grande majorité chez les fonctionnaires ou les personnes en CDI. Les demandeurs d’emploi sont les personnes qui en profitent le moins. D’autant plus que ces onze jours ne sont parfois pas pris en totalité… Instaurer une part obligatoire permet alors de rétablir ces écarts, mais aussi d’aller au-delà des pratiques et représentations sociales autour de la parentalité qui restent encore très sexuées.

L’allongement du congé va permettre au deuxième parent une implication plus grande dans l’éducation de l’enfant, une meilleure répartition des tâches domestiques et familiales… qui sont des leviers essentiels pour l’égalité professionnelle. L’arrivée d’un enfant est encore un frein dans la carrière d’une femme: difficultés à l’embauche, retard dans l’évolution des salaires, moins d’attribution de primes, évolution et promotion plus lentes, soupçon d’indisponibilité permanente…

Organiser en amont le départ et le retour du salarié ou de la salariée est une des préconisations de l’IPEP, afin de prendre la parentalité comme faisant partie intégrante du parcours professionnel des femmes et des hommes.

Si cette annonce est un pas vers plus d’égalité, repenser les politiques familiales dans leur globalité pourraient permettre une encore plus grande implication des pères et un retour plus rapide au travail des mères, ce qui aurait un impact moins important sur leurs carrières: en développant par exemple plus les services d’accueil aux enfants (crèches) dans la vie civile ou en entreprise.




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