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Revaloriser les métiers à prédominance féminine: histoire et enjeux de la notion de travail de valeu

En France, la loi de 1972 relative à l’égalité de rémunération introduit le « à travail égal, salaire égal ». Dix ans plus tard, en 1983, la loi Roudy indique que « sont considérés comme ayant une valeur égale les travaux qui exigent des salariés un ensemble comparable de connaissances professionnelles consacrées par un titre, un diplôme ou une pratique professionnelle, de capacités découlant de l’expérience acquise, de responsabilités et de charge physique ou nerveuse ». Ces lois veulent imposer une égale rémunération pour un travail égal (même emploi) mais aussi de valeur égale. Qu’est ce que cela veut dire?

Si la France tente au mieux de réduire les écarts de rémunérations entre femmes et hommes pour un même travail, elle ne prend en compte que les métiers qui peuvent être comparés, des métiers d’une même famille professionnelle. Mais ce qu’il est essentiel de regarder ce sont les emplois de « valeur comparable » notion étudiée par l’économiste Rachel Silvera. Pour aller plus loin dans l’analyse et dépasser le simple constat de la répartition traditionnelle des femmes et des hommes dans les emplois, il s’agit là de mettre en parallèle deux métiers différents, l’un à prédominance féminine et l’autre à prédominance masculine, infirmière et technicien hospitalier par exemple.

C’est ce qu’a fait Québec en 1996 (presque 25 ans !) avec sa loi pour l’équité salariale, afin que les métiers à prédominance féminine - occupés majoritairement par des femmes - soient revalorisés et rémunérés à leur juste valeur, en les comparant à des métiers à prédominance masculine sur des critères de pénibilité, compétences, risques,…

Reprenons les métiers d’infirmière et de technicien hospitalier : le technicien gagne plus que l’infirmière qui, pourtant, exerce un métier plus pénible, qui requiert plus d’années d’études et d’heures de travail à la semaine. La loi sur l’équité salariale a permis d’évaluer tous ces critères pour revaloriser les métiers sous-estimés en termes de technicité, fatigue, charge mentale,… Le métier d’infirmier.e a par exemple connu une revalorisation conséquente de sa rémunération.

Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, a déclaré début mai qu’il était « temps de revaloriser, y compris financièrement, les métiers féminisés ». Les métiers du care, du nettoyage, de l’enseignement sont des emplois à grande valeur sociale et sont des fonctions essentielles pour le fonctionnement de la société. Ils sont invisibilisés, non reconnus, mal payés… et majoritairement féminisés. Ce sont ces mêmes métiers dont on a parlé pendant la crise sanitaire : « les femmes en première ligne ».

Il s’agit alors de questionner la hiérarchie des emplois telle qu’elle est actuellement et le système de classification des métiers tel qu’il est pensé aujourd’hui.

Car la dévalorisation persistante des emplois à prédominance féminine est l’un des principaux freins à l’égalité professionnelle et à une égale rémunération.

L’analyse et la réévaluation des classifications font partie des missions de l’IPEP et permettent de valoriser et développer toutes les compétences présentes dans une entreprise.

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